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Serendip

 
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bousyfl
Lutin

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MessagePosté le: Mar 21 Déc 2010 - 16:13    Sujet du message: Serendip Répondre en citant

">L'histoire des trois princes de Serendip


Il était une fois, il y a fort longtemps, une terre lointaine, au bout du monde. Il y vivait un très grand roi, plein de sagesse et de vertus, du nom de Jayaratne. Son royaume, c'était l'île de Serendip, où de très grands arbres poussaient sur des montagnes d'émeraude, avec des terres très riches, aux verts pâturages, et des fleurs de lotus réjouissant le cœur des hommes.
Tôt dans son règne, il lui était né trois fils beaux et sages : Balakrama, Vijaio et Rajahsingha. Et chaque fois qu'un de ses fils voyait le jour, un étrange et merveilleux oiseau, aux ailes d'or et aux yeux de feu, apparaissait au ciel et volait bas ; mais il ne fut aperçu que de quelques enfants d'une vallée de montagnes, près du Pic de la Grande Sérénité. Au vu de cette merveilleuse apparition, ils en eurent le cœur rempli de joie et de gaieté. Mais la plupart des adultes, occupés à divers travaux ou mangeailles, tête baissée donc, ne les virent pas ; ni les gens, ni les gardes, ni même le roi Jayaratne, préoccupé par de lourdes tâches lui faisant baisser la tête d'anxiété. Il y avait beaucoup de problèmes et de situations délicates à gérer. Les terres étaient riches, mais pas toujours bien irriguées, et souvent les pluies ne venaient qu'une fois l'an, toutes à la fois : de vastes espaces étaient devenus arides. Aussi le roi décida de construire de grands réservoirs d'eau, et de veiller au grain.
Le bon roi se demandait comment faire pour assurer sa succession et « bien élever » ses trois fils, les trois princes de Sérendip. Il souhaitait d'abord leur faire enseigner la vertu, la sagesse et la science : pour cela, il invita les plus sages savants et philosophes à venir, ceux de son pays et d'ailleurs.
Mais la plupart de ceux qui venaient d'ailleurs et de loin, hésitaient à traverser la mer, à cause des dragons et autres monstres qui infestaient le milieu tout autour et menaçaient ceux qui voulaient aborder l'île.
Certains, plus courageux, plus hardis, plus aventureux, plus créateurs ou plus chanceux que d'autres, acceptèrent les risques du déplacement et l'aventure, et vinrent enseigner les jeunes princes, pour en faire des hommes cultivés et utiles, « d' honnêtes gens », et aussi plus tard de bons et sages rois. Car le pouvoir est dangereux et peu monter à la tête de ceux qui ne sont pas de vrais adultes.
Et ainsi, plusieurs années passèrent.
Les princes grandirent en sagesse, en culture, en connaissances, en art, sciences et lettres.
Un beau jour, le doyen des professeurs se présenta avec les autres au palais d'Anuaradhapura, et dit au grand roi : « ô noble et très grand roi, les princes royaux ont été instruits. Votre fils aîné connaît la religion, la grammaire, sait conduire les éléphants, excelle dans la logique, les sciences naturelles et animales. Votre deuxième fils est doué pour les sciences et les arts, et le troisième est plein de force et de courage tout en restant un homme de paix et de bonne volonté et connaissant bien aussi la diplomatie et les arts du gouvernement. De plus, ils connaissent tous trois les langues, la poésie et la musique. Mais nous recommandons qu'ils perfectionnent leur éducation, en voyageant à l'étranger, et qu'ils fassent connaissance d'autres mœurs, langues et cultures. »
Le bon roi pensa que c'était un bon et sage conseil, mais afin de savoir si ses fils étaient réellement capables d'apprendre ces choses et d'en faire leur profit, il les testa en leur offrant séparément et à tour de rôle, et le pouvoir et sa couronne (sa propre succession). L'aîné des princes écoute avec déférence et affection la proposition paternelle en même temps qu'il remarque grâce à son attention aigüe et « l'intuition de son bon cœur » les gestes retenus du roi. Il refuse la proposition, ses frères en font autant.
Alors le bon roi, rassuré et rasséréné, les envoya au loin de par le vaste monde, en leur enjoignant d'ouvrir leurs yeux et leurs oreilles, de faire au mieux, mais de ne pas revenir avant sa permission formelle, lorsqu'il les jugerait prêts.
Encore fallait-il pouvoir quitter père et mère, traverser la mer, affronter ou éviter les dragons qui crachent le feu et flammes et tout ce qui pouvait les détruire... et trouver secret.
En chemin, les princes s'enquièrent du manuscrit : Mort aux dragons, et ont la chance de trouver un très vieil homme qui leur indique que ce texte comporte une centaine de vers puis s'endort en, en chantonnant quelques-uns.
Le premier mystère résolu par les trois princes est celui du chameau perdu par un caravanier en Perse, que l'aîné des princes Balakrama, réussit à décrire -lointain ancêtre de Sherlok Holmes et de la petite Miss Marple d'Agatha Christie- de part les traces irrégulières de ses pas et des herbes brisées d'un seul côté de la route.
Surpris par cette manière de voir, d'observer et de raisonner, et enchanté par cette découverte des princes, l'empereur de Perse, Vahram, invite dans son palais le prince de Sérendip Balakrama et ses frères.
Par ailleurs, l'empereur tombe amoureux de la voix d'une jeune fille trouvée, dans les bois, Delimara, lui offre l'hospitalité au palais, lui déclare sa flamme, mais il la renvoie dans un moment de colère lorsque, comme un enfant sauvage, elle dit réellement ce qu'elle penses au mépris de l'étiquette. Peu après, il regrette son action et la fait rechercher en vain par les plaines et les bois, au point de s'en rendre malade de chagrin.
Le prince de Serendip Vijaio sauvera la vie de l'empereur en déjouant un complot qu'il subodore puis déjoue par sa perception de la communication non verbale la manœuvre du traître et recevra en récompense la promesse de la main de la belle princesse Purandocht -à charge pour lui de réduire une apparition maléfique, celle d'une « main effrayante menaçante du ciel » et de trouver et rapporter le « miroir de justice », gardé par une autre reine, la reine Parvathi.
Le miroir est efficace pour rendre justice car le méchant ou le menteur qui s'y mire vire au rouge (de honte) et son teint ne redevient normal qu'après la confession et la réparation de la faute.
Dans cette sorte de « quête du Graal » que leur demandait le roi leur père pour rapporter le secret de la maîtrise des dragons, les trois princes recherchent un document secret caché dans un petit rouleau d'argent en possession d'un vieux mendiant qui transforme son apparence et devient parfois une sorte d'oiseau brillant.
Cette recherche, sans clefs pour la réussite, ni « fils d'Ariane » est semée de difficultés et d'embûches : un démon qui lit les pensées dans les yeux, sème des chausse-trappes sur leur chemin.
Par chance, un moine leur donne comme talisman trois plumes de paon qui leur permettent à chacun de cacher leurs yeux et d'avancer.
Ils retrouvent la trace du mendiant Aphoenicius, grâce à un dessin qu'ils observent en y déchiffrant un cylindre d'argent et grâce aussi à un verset énigme : « on peut chercher mais on ne peut pas emprunter. Ce mystère étant proche de la tristesse et de la mort ».
Le moine les bénit et leur dit qu'on peut suivre un précepte obscur une partie du chemin : ils poursuivent alors leur route.
Arrivés aux Indes, chez la jeune et belle reine Parvathi, les trois princes l'accompagnent au lever du soleil sur la plage où apparaît la main effrayante : le jeune prince Rajahsingha arrête la descente de la main menaçante par un geste, par un simple mouvement de sa main droite, trois doigts levés, deux doigts pliés (comme dans les bénédictions sacrées). Devant ce geste, la « main menaçante » diminue en taille et disparaît dans l'eau -comme si le vrai courage à mains nues tenait en respect même les démons. La princesse veut en savoir plus et le jeune prince explique qu'il lui semblait que ces deux doigts pliés représentaient deux personnes aimantes et unies en vertu et courage, pour protéger la princesse, ces deux protecteurs étaient probablement son père et sa mère.
Quoi qu'il en soit de l'explication, le maléfice fut rompu. La paix et le calme revinrent au pays.
Après cela, la reine Parvathi invite les jeunes princes au palais et leur offre un spectacle, pendant lequel le plus jeune des princes ayant remarqué que ses yeux se remplissent de larmes en écoutant une chanson lui en demande la raison. Elle lui parle alors de ses chagrins et de ses peines, et en particulier de sa petite sœur volée et perdue dans l'enfance.
Le jeune prince Rajahsingha résout un puzzle pour la belle reine qui lui offre sa main et aussi le miroir de justice. Notons en passant qu'avec sagacité, prévoyance et intuition, les jeunes princes ont fait faire par un orfèvre dans la nuit une toute petite boîte grande comme un dé à coudre, de la taille d'un petit pois, qui servira au prince Rajahsingha pour avaler une dose compète de sel en une seule fois. Cela lui permettra de venir à bout de l'énigme proposée par le roi (décédé), père de la reine ; cette épreuve était destinée à choisir le futur prince consort.
Reprenant leur quête et leur route, les jeunes princes retrouvent -toujours par la chance d'un hasard heureux- la petite sœur volée de la reine, la princesse Palmini et la ramènent.
Encore une fois, la chance et le hasard des rencontres les mettent au bon moment et au bon endroit pour être efficaces. Ils lui sauvent la vie au moment d'un désastre : tremblements de terre, inondations et incendies qui détruisent la ville.
Les trois princes de Serendip partagent avec les pauvres villageois leurs provisions de bouche et pleurent de compassion sur les malheurs des pauvres.
Leur sens de l'observation des détails et de l'ensemble, de la dissonance et de la communication non verbale, leur permet de reconnaître dans le bracelet d'une pauvresse le collier marqué aux armes de la famille royale de la petite princesse volée, qu'ils ramènent au palais à l'empereur qui va l'épouser en grande pompe.
Mais, déjà, ils n'avaient pas fait le détour par ce village par hasard. Leur amour de la vie, sagesse et bon sens leur avait fait préparer divers plaisirs pour l'empereur, parce qu'ils pensaient qu'un petit peu de bonheur lui remonterait le moral et l'aiderait à sortir de la maladie. Et en écoutant avec lui des contes et en faisant parler le conteur, ils sont sur une piste parce qu'ils ont l'intuition que l'un des mots d'un chant de la pauvresse pouvait êtres justement dans le chant que hantait la bien-aimée perdue de l'empereur, leur ami. De fait, la fille des bois, Delimara, était en réalité la petite princesse volée, Palmini.
Les trois princes de Serendip retrouvent aussi par la chance d'un hasard heureux et par sagacité le cylindre d'argent qu'il cherchaient, mais brûlé et abîmé : seul reste lisible ce qu'il connaissaient déjà : « après une si longue quête, dit le prince de Serendip, nous avons trouvé seulement quelques lignes du secret et ce sont les lignes que nous connaissions déjà ».
les trois princes de Serendip se désespèrent : comment rechercher et trouver quelque chose de caché, un parchemin, un talisman, sans indices, ni cadres de références, ni code d'accès et dont le seul fil conducteur vient d'être détruit par le feu ?
Ils remarquent alors qu'un oiseau doré aux ailes brillantes sort des cendres, tenant en son bec le cylindre d'argent. L'oiseau merveilleux le remplit des larmes de compassion versées par les princes avant de disparaître dans les cieux.
Lorsque les trois princes reviennent dans l'île de Serendip auprès de leur père gravement malade, ils apprennent que les dragons ont été vaincus par leurs larmes de compassion, qu'un oiseau bleu aux yeux d'argent versait au moment propice sur les endroits dangereux.
Ils avaient donc réalisé leur mission sans le savoir, rendu paix et prospérité à leur pays, et sérénité à leur vieux père, qui se rétablit devant un tel bonheur.
Chacun des princes épousa sa princesse et régna sagement et avec bonheur avec elle.

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MessagePosté le: Mar 21 Déc 2010 - 16:13    Sujet du message: Publicité

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